Structuration de la filière osier
et vannerie
Un projet pour relancer la filière osier et vannerie
Une démarche engagée depuis 2023
Face à ces constats et au regain d’intérêt pour les matières naturelles, la Communauté de Communes des Savoir-Faire, qui dispose de la compétence “Développement économique”, a engagé en 2023 une démarche de structuration de la filière.
Une étude a été confiée aux Chambres d’Agriculture de l’Aube et de la Haute-Marne en 2024 afin de dresser un état des lieux de la filière osier. Cette dernière a été financée à 50% par la Région Grand Est, partenaire fort de ce projet de structuration.
Les principaux enseignements de l’étude des Chambres d’Agriculture de l’Aube et de la Haute-Marne
Les freins identifiés sont pluriels. Tout d’abord, une tension forte sur l’approvisionnement en osier est observée, ce qui pousse les vanniers à s’approvisionner à l’étranger. Ensuite, les impacts climatiques (sécheresse, hivers doux, ravageurs) sur la production d’osier se font de plus en plus présents. Pour les jeunes osiériculteurs souhaitant s’implanter comme pour ceux souhaitant développer leur production, une vraie problématique a été identifiée sur le manque de foncier disponible. Comme pour toute entreprise du milieu agricole, un manque de main-d’œuvre se fait sentir. Cela s’explique entre autres par le manque de reconnaissance de la filière. Ce qui amène au dernier frein identifié : l’absence de références techniques structurées.
- L’enjeu principal qui ressort de l’étude des Chambres d’Agriculture est d’augmenter la production d’osier locale, permettant de satisfaire la demande.

Un projet structurant financé par un programme
Pour répondre à ces enjeux, la Communauté de Communes des Savoir-Faire (CCSF) en tant que chef de fil, en partenariat avec le Comité de Développement et de Promotion de la Vannerie (CDPV) et l’Etablissement Publique Local d’Enseignement et de Formation Professionnelle Agricole (EPLEFPA) ont candidaté au programme Groupe Opérationnel du Partenariat Européen pour l’Innovation.
Ce dispositif vise à accompagner les projets innovants multi-acteurs dans les domaines de l’agriculture notamment.
- Le projet a été retenu en 2024. Le coût total de l’opération a été estimée à hauteur de 1,3 million d'€. Le financement public obtenu de 900 000 € est réalisé par l’Europe (via le FEADER) à hauteur de 720 000€ et par la Région Grand Est à hauteur de 180 000€. Ce dernier s’échelonne sur une durée de trois ans.
De plus, la Région Grand Est met à disposition un accompagnement par une agence de développement, Grand Est Développement. Cette dernière a conduit une série d’enquêtes et d’entretiens auprès des professionnels, permettant d’obtenir des éléments à la fois techniques et économiques.
- Les axes poursuivis dans le cadre du projet sont de développer le réseau d’acteurs à l’échelle locale et nationale, d’améliorer les conditions de travail des osiériculteurs, de moderniser les outils et les pratiques, de structurer la filière de façon juridique et économique, et enfin de renforcer l’attractivité du métier.
Axe 1 : Mécanisation et innovation
Dans un premier temps, l’agence Grand Est Développement a réalisé un travail d’identification des étapes présentant une pénibilité importante. Pour ce faire, elle s’est appuyée sur les retours des professionnels de la filière osier (cf zoom sur l’étude de l’agence Grand Est Développement). Les étapes identifiées comme étant à améliorer prioritairement sont :
- la récolte
- le tri / calibrage
- l’écorçage
- L’objectif de cet axe est de développer des outils et des machines adaptés aux besoins des producteurs.
- Des prototypes et machines seront conçus et testés sur le territoire. Pour ce faire, des groupes de travail ont été réalisés début février 2026 avec les professionnels pour déterminer leurs besoins. Ces derniers ont permis de rédiger des cahiers des charges, en vue de lancer des marchés et de retenir des offreurs de solutions.
Axe 2 : Structuration de la filière
Une autre part de l’enveloppe est destinée à la structuration juridico-économique de la filière et des acteurs locaux (voire pour certains points à l’échelle nationale). Des groupes de travail réalisés en septembre et octobre 2025 ont permis de rédiger un cahier des charges et de lancer un marché. À la suite de l’étude des offres, un groupement d’experts a été retenu :
- CALIA Conseil (stratégie, organisation, modèle économique)
- Agrosolutions (expertise agricole)
- De Gaulle Fleurance (expertise juridique)
- L’objectif est de définir un modèle juridico-économique viable et durable, de sécuriser les choix juridiques et économiques et de proposer des scénarios de
structuration locale voir nationale. Enfin, il s’agit également de
définir une gouvernance et un plan d’action.
